Chez la souris, des chercheurs ont montré que l’activité des neurones et l’afflux sanguin ne vont pas toujours de pair. Une découverte de chercheurs de l’Université de Montréal qui invite à affiner notre lecture de l’imagerie cérébrale et souligne l’apport du modèle animal pour explorer les mécanismes fins du cerveau.
L’imagerie cérébrale repose sur une idée simple : lorsqu’une zone du cerveau s’active, elle reçoit davantage de sang. Mais une étude publiée dans Science vient nuancer ce principe. À l’Université de Montréal, l’équipe de Ravi Rungta a comparé, chez la souris, l’activité du cortex provoquée par un toucher à celle déclenchée par un stimulus douloureux.
Résultat : dans la plupart des couches corticales, l’activité des neurones était presque identique, tandis que l’augmentation du flux sanguin était plus de 50% plus faible en situation de douleur. Une différence inattendue, rendue visible grâce à des marqueurs génétiques et à une technique d’imagerie permettant d’explorer en profondeur les six couches du cortex murin.
Ces travaux montrent que les réseaux d’artérioles ne se contentent pas d’acheminer passivement le sang : leur organisation participe à la manière dont l’activité cérébrale se traduit en signal vasculaire. Une donnée importante pour mieux interpréter l’IRM fonctionnelle, qui mesure indirectement l’activité neuronale à travers l’oxygénation du sang.
En permettant d’observer simultanément neurones et vaisseaux dans un cerveau vivant, le modèle souris a ici joué un rôle déterminant pour mettre au jour un mécanisme difficilement accessible autrement. Ces résultats pourraient aider à affiner l’étude de la douleur, de la cognition et, à terme, de certaines maladies neurodégénératives.
