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Des chercheurs de l’Institut du Cerveau ont publié en mars 2026 une étude démontrant l’intérêt d’un modèle d’organoïde pour étudier une forme particulièrement grave de l’épilepsie infantile.

700 000, c’est le nombre de Français(es) qui sont atteints d’épilepsie. Parmi eux, près de la moitié sont des moins de 20 ans. Et pour un tiers de ce sous-groupe, aucun traitement existant n’est efficace. Dans certains cas, la raison s’explique par une dysplasie corticale focale de type II, une malformation qui touche les cellules nerveuses du cortex. L’unique recours actuel est l’ablation de la zone épileptogène, non sans risques et et avec des résultats variables.

Cette dysplasie peut être liée à des mutations du gène DEPDC5. Une première mutation héritée sur l’un des deux allèles ne suffit pas à provoquer la maladie : une seconde mutation, acquise au cours du développement cérébral dans certaines cellules, entraîne alors une inactivation complète du gène. Cette mutation peut toucher des neurones, mais aussi des astrocytes ou des oligodendrocytes. Néanmoins, toutes les cellules ne sont pas touchées par cette seconde mutation.

Un organoïde pour modéliser cette maladie

Les auteurs de l’étude ont créé des organoïdes à partir d’un prélèvement sanguin effectué sur un jeune patient porteur de la mutation. Les cellules ont alors été déprogrammées – elles redeviennent alors des cellules qui peuvent se transformer en presque toutes les cellules de l’organisme -, puis reprogrammées en cellules cérébrales… formant un organoïde. Ce dernier mixe les cellules avec mutation sur les deux allèles et celles avec un allèle touché, recréant la configuration génétique clinique. Les scientifiques ont ainsi comparé trois situations : orgnaoïde sain ; organoïde avec un seul allèle muté ; organoïde avec un mélange simple-double allèle(s) muté(s).

Les résultats ont montré que les deux allèles devaient être touchés dans une fraction des cellules pour provoquer cette forme d’épilepsie. Toutes les cellules n’ont donc pas besoin de subir une mutation sur chaque allèle pour provoquer la maladie. De plus, l’impact de la maladie dépend du nombre de cellules doublement atteintes.

Même lorsqu’un seul allèle est muté, des neurones des couches supérieures du cortex cérébral apparaissent précocement. En cause, une surexpression de gènes qui modulent la maturation des neurones. Les chercheurs ont aussi observé que ces neurones avaient une activité électrique plus importante par rapport à des neurones sains ou « simple mutation ».

Les auteurs le rappellent : ce modèle n’est pas un patient et on ne peut donc pas parler d’épilepsie chez un organoïde. Néanmoins, l’activité électrique anormale observée constitue, selon les chercheurs, un corrélat des crises épileptiques chez l’humain. Ces organoïdes pourraient ainsi être utiles pour étudier cette maladie, mais aussi pour modéliser d’autres malformations cérébrales mosaïques.

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