Des scientifiques de l’Institut Pasteur et de l’Inserm ont découvert chez la souris un moyen surprenant de prévenir les allergies : les bactéries et les virus.
Les allergies touchent aujourd’hui entre 25 et 30% de la population française. Elles sont en grande partie dues à des dérèglements du système. Ni le pollen ni les acariens ne sont censés représenter une menace, notre système immunitaire les identifie parfois comme tels.
Des chercheuses et chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’Inserm ont exposé les poumons de souris à des fragments de bactéries et de virus. Ils en ont évidemment observé une réponse immunitaire, mais aussi une absence de réaction allergique lorsqu’un allergène était inhalé en même temps. Cette protection dure au moinx six semaines dans le cas d’une co-exposition, et plus de trois mois si l’exposition aux fragments microbiens précède l’inhalation des allergènes.
Un acteur cellulaire insoupçonné
Cette découverte scientifique française met en lumière le rôle fibroblastes, des cellules qui résident dans une grande partie de nos organes et qui servent de structure – et donc dans nos poumons. En effet, cette « mémoire » n’est pas provoquée par des cellules du système immunitaire, mais bien par ces cellules. Celles-ci comportent Ccl11, un gène qui produit une molécule éponyme responsable de l’attroupement d’éosinophiles, des cellules qui jouent un rôle central dans l’asthme, les infections parasitaires et… les réactions allergiques. Lors d’une infection bactérienne ou virale, ce gène se retrouve bloqué chez les fibroblastes, protégeant pendant des mois les poumons des réactions allergiques.
D’autres travaux à venir
Ces travaux basés sur l’expérimentation animale et publiés dans Nature Immunology montrent qu’un espoir de traitement préventif contre les réactions allergiques pulmonaires existe. Reste à confirmer ces résultats sur d’autres modèles animaux, en clinique et à déterminer s’il est possible de restaurer la mémoire immunitaire d’une personne déjà allergique.
