Une équipe internationale montre que la viscosité des cellules tumorales, leur capacité à « s’écouler » plus ou moins comme de l’eau ou du miel, influence des étapes clés de la formation des métastases. Les chercheurs s’appuient notamment sur le poisson-zèbre, un modèle animal particulièrement adapté pour suivre, en temps réel, la trajectoire des cellules dans les vaisseaux. La chronique Avec Science de France Culture fait le point.
L’essentiel
Pour former une métastase, une cellule cancéreuse doit quitter la tumeur, circuler, s’arrêter dans de petits vaisseaux puis en sortir avant d’initier une nouvelle tumeur. L’étude, publiée dans Nature Materials, indique que la viscosité pèse fortement sur cette « course d’obstacles » : elle conditionne l’entrée dans les petits vaisseaux, l’arrêt, et surtout la capacité à sortir de la circulation sanguine.
Le rôle du poisson-zèbre
Le poisson-zèbre permet d’observer directement, chez un vertébré vivant, la circulation et le comportement des cellules tumorales dans des vaisseaux fins, grâce à une imagerie à haute résolution. Associés à des validations chez la souris, ces résultats renforcent l’idée que les propriétés mécaniques des cellules ne sont pas un simple détail, mais un facteur déterminant de la dissémination. À terme, mieux comprendre, voire moduler, la viscosité cellulaire pourrait ouvrir des pistes pour mieux évaluer le risque métastatique et développer de nouvelles approches diagnostiques ou thérapeutiques centrées sur la mécanique tumorale.
