Des chercheurs du CNRS ont montré qu’une exposition brève à une lumière proche du violet peut réduire fortement la douleur chez des rongeurs, sans médicament. L’étude a été publiée le 26 janvier 2026 dans Nature Communications.
Leur idée, baptisée Analgésie induite par la lumière, part d’un constat : certaines cellules impliquées dans la douleur possèdent un “frein” naturel, un canal appelé TRAAK. Les scientifiques ont exposé doucement la peau de souris et de rats à une lumière UV-A autour de 365 nanomètres (très proche du violet) et ont observé une analgésie nette et durable : les animaux réagissent moins aux stimulations douloureuses, et l’effet peut dépasser celui de traitements antidouleur classiques utilisés en laboratoire.
TRAAK, un frein naturel à la douleur
Pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un simple effet de contexte, l’équipe a relié le phénomène à TRAAK : lorsqu’ils bloquent ce canal, l’analgésie induite par la lumière disparaît en grande partie. L’article détaille aussi un mécanisme plausible : la lumière favoriserait une modification chimique (oxydation) d’un acide aminé du canal, ce qui le fait basculer vers un état “actif” qui calme la transmission de la douleur.
Au-delà de la performance, l’enjeu est très “animal” : mieux contrôler la douleur en expérimentation améliore le bien-être des rongeurs, mais aussi la qualité des résultats, car la douleur perturbe de nombreux paramètres biologiques. Le CNRS évoque également un intérêt potentiel en médecine vétérinaire, notamment pour des NAC, sous réserve d’adapter la méthode et de valider son efficacité selon les espèces.
Pour l’humain, les auteurs et le CNRS restent prudents : la version humaine de TRAAK ne répond pas de la même façon à la lumière, ce qui rend la méthode “lampe” non transposable telle quelle. En revanche, l’étude met TRAAK sous les projecteurs comme cible thérapeutique : l’objectif serait désormais de trouver d’autres moyens (non lumineux) d’activer ce frein naturel de la douleur.
