Mieux prendre en compte le bien-être des macaques de labo

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Dans un article publié dans Animal Welfare, Odile Petit – chercheuse et présidente de l’association de replacement Ethosph’R – et ses collègues réfléchissent aux critères à mettre en place pour garantir les meilleures conditions possibles aux macaques utilisés en recherche.

Ils représentaient un peu plus d’un millier d’individus en 2024 utilisés en recherche : les macaques cynomolgus et rhésus. Ces primates représentent des modèles encore essentiels pour la découverte de nouveaux traitements, puis de l’attestation de leur innocuité pour l’humain.

Une volière mal aménagée, ou encore une insuffisance dans le recueil de l’expression comportementale de ces animaux peut mener à un bien-être impacté. Pour permettre à ces macaques de vivre une vie la plus respectueuse de leurs besoins dans les laboratoire, un article écrit par des chercheurs français, s’est attelé à définir les éléments à mettre en place dans les structures.

Les recommandations

Leur proposition, baptisée PWIN (Primate Welfare INdicators), repose sur une évaluation globale et individualisée du bien-être. Les chercheurs ont retenu 91 indicateurs, répartis en quatre grandes catégories : l’hébergement, la nutrition, la santé et le comportement. Ces critères portent aussi bien sur l’environnement et les pratiques de soin que sur l’état physique et les comportements observés chez chaque macaque. 

Côté hébergement, il ne s’agit pas seulement d’offrir un espace conforme aux normes. Les macaques doivent pouvoir marcher, courir, grimper, sauter, se reposer en hauteur ou encore se soustraire au regard de leurs congénères et des humains. La présence de structures verticales, de perchoirs, de zones de retrait, mais aussi le contrôle de la lumière, du bruit, de la température et de la propreté de l’environnement font ainsi partie des éléments à surveiller.  

Les relations sociales occupent également une place centrale. L’accès aux interactions avec d’autres macaques est considéré comme particulièrement important dans le protocole, qui accorde un poids renforcé à ce critère. 

L’alimentation ne se résume pas non plus à couvrir les besoins nutritionnels. Les chercheurs préconisent de varier les modes de distribution de la nourriture afin de stimuler la recherche alimentaire et la manipulation, notamment grâce à des aliments dispersés ou à des dispositifs de type puzzle-feeders (dispositifs similaires à ceux que peuvent avoir les chiens et chats gourmands). L’accès à une eau non contaminée et l’hygiène du matériel font également partie des paramètres évalués. 

Le protocole s’intéresse en parallèle à la santé physique des animaux : état corporel, qualité du pelage, signes de douleur, boiterie ou posture anormale. Il prévoit aussi un suivi vétérinaire, des soins curatifs et des programmes de surveillance préventive.  

Enfin, une part importante de l’évaluation repose sur l’observation du comportement. Les scientifiques cherchent à repérer aussi bien des comportements associés à un état positif — exploration, jeu social, toilettage entre congénères ou recherche de nourriture — que des signes pouvant révéler une dégradation du bien-être, comme les stéréotypies ou l’automutilation. Cette observation complète les données sur l’environnement et permet de mieux comprendre la façon dont chaque macaque vit réellement ses conditions de captivité. 

L’objectif n’est donc pas seulement de vérifier que les installations respectent un cadre réglementaire, mais de suivre chaque animal dans le temps, afin d’identifier rapidement une dégradation et d’adapter les pratiques. Dans cette approche, chaque macaque devient en quelque sorte sa propre référence : son état actuel est comparé à ses évaluations précédentes pour repérer les évolutions significatives. 

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