Une classe de médicaments connaît un essor spectaculaire ces dernières années : les analogues du GLP-1. Connus pour leur efficacité contre le diabète et l’obésité, un article partagé par National Geographic montre qu’ils pourraient aussi s’avérer utiles contre certains effets du vieillissement.
Wegovy, Ozempic. Ces noms vous disent probablement quelque chose. Et ce n’est pas pour rien : ces médicaments contiennent du sémaglutide, une molécule utilisée notamment contre le diabète de type 2 et l’obésité. En réduisant l’appétit, elle peut provoquer une perte de poids importante, ce qui a largement contribué à sa popularité.
Pourtant, son usage pourrait à l’avenir s’étendre au vieillissement biologique.
Des résultats encourageans, mais.
Une étude publiée dans la prestigieuse revue scientifique Nature a montré des effets intéressants du sémaglutide chez des souris femelles âgées et en bonne santé. Les chercheurs ont observé de meilleurs résultats aux tests de mémoire, de fonction motrice, de force musculaire et de contrôle de la glycémie. Plusieurs marqueurs associés au vieillissement, comme l’inflammation chronique, ont également été améliorés.
Dans un autre groupe d’animaux, traité jusqu’à la fin de leur vie, la durée de vie médiane est passée de 742 à 834 jours grâce au sémaglutide, soit une hausse d’environ 12 %.
Ces résultats sont particulièrement intéressants car l’expérimentation animale permet ici d’étudier directement l’effet d’un traitement sur l’ensemble de la durée de vie, ce qui serait extrêmement long à réaliser chez l’humain.
Pour autant, ils ne prouvent pas que ces médicaments ralentissent le vieillissement chez notre espèce. Ils montrent surtout qu’ils améliorent plusieurs fonctions et caractéristiques liées à l’âge chez ce modèle animal. D’autres études, notamment chez d’autres animaux et chez l’humain, seront nécessaires.
Démontrer un effet direct sur la longévité humaine pourrait d’ailleurs prendre plusieurs décennies.
Une autre étude réalisée chez l’humain s’est intéressée à différents biomarqueurs du vieillissement. Elle ne fournit pas la preuve que le sémaglutide ralentit le vieillissement humain, mais elle ne permet pas non plus de conclure qu’il n’a aucun effet.

Une question importante reste de savoir si les bénéfices observés viennent directement du médicament ou simplement de la réduction de l’apport alimentaire. Les chercheurs ont donc comparé des souris sous sémaglutide à d’autres soumises à une restriction calorique similaire. Si les deux interventions avaient des effets bénéfiques, le sémaglutide était meilleur sur certains paramètres, notamment la mémoire et le contrôle de la glycémie.
Cela suggère que son action pourrait aller au-delà de la simple perte de poids. En revanche, pour l’étude sur la durée de vie, le sémaglutide n’a pas été comparé directement à une restriction calorique équivalente. Il est donc encore impossible de savoir quelle part de l’allongement de la vie vient du médicament lui-même.
Bien qu’autorisés sur le marché pour certaines indications, ces médicaments ne sont pas des traitements anti-âge. Leur prise n’est pas anodine : ils peuvent notamment provoquer des effets secondaires digestifs et une perte de masse musculaire.
Pour l’instant, rien ne permet donc d’affirmer que le sémaglutide ralentit le vieillissement humain. Mais les résultats obtenus chez la souris fournissent un argument expérimental solide pour continuer à étudier cette hypothèse.
Actualité rédigée par Alan Dubois
