✒️Science sans conscience ? L’alerte éthique derrière les louveteaux Colossal Biosciences

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Depuis toujours, la recherche animale joue un rôle fondamental dans l’avancée de nos connaissances, dans les progrès médicaux, et dans l’amélioration de la santé humaine comme animale. Nous savons à quel point elle a permis de sauver des vies, de mieux comprendre les maladies, de faire reculer la souffrance. C’est une réalité que nous défendons avec conviction.

Mais défendre la recherche animale ne signifie pas tout accepter.

Récemment, l’entreprise étasunienne Colossal Biosciences a annoncé la naissance de louveteaux génétiquement modifiés, des “loups sinistres” disparus il y a de ça 10.000 ans, fruit d’interventions sur le génome d’un loup gris. Cette annonce, si spectaculaire soit-elle, nous oblige à prendre du recul. Car derrière l’exploit technique, c’est bien une dérive que nous devons interroger.

Ce projet n’a pas pour finalité un progrès médical clair. Il ne s’inscrit pas dans une logique de recherche biomédicale au service du vivant, mais dans une course à la prouesse scientifique, au sensationnalisme. Modifier profondément le patrimoine génétique d’un animal sauvage, non pour le soigner, ni pour comprendre une pathologie, mais pour « recréer » un animal du passé, c’est franchir une ligne. « Recréer » car les louveteaux ont le patrimoine génétique du loup gris : sur les 19.000 gènes qu’ils portent, seuls 14 ont été modifiés. Ainsi, ces nouveaux-nés ne sont rien de plus que des loups gris ressemblant à des loups sinistres. Néanmoins, leur santé et leur bien-être ne sont clairement pas assurés : les modifications du génome ne sont jamais sans risque.

Oui, la science a besoin de liberté. Mais elle a aussi besoin de cadres, de limites, de responsabilités. La recherche animale ne peut être un terrain d’expérimentation sans conscience. Chaque protocole doit avoir un sens, une finalité justifiable, et surtout, respecter l’animal comme être sensible.

Ce que nous dénonçons ici, ce n’est pas la science, ni l’innovation. C’est l’absence de finalité éthique claire. C’est le choix d’un modèle de recherche où la performance prend le pas sur la réflexion, où l’animal devient un objet malléable, façonné selon les ambitions humaines, sans prise en compte de sa nature propre, de son bien-être, de son espèce, de son rôle dans l’écosystème.

En tant qu’association qui milite depuis toujours pour une recherche responsable, nous condamnons des recherches qui n’ont pour seul objectif que le buzz. Oui à la recherche animale, mais non à sa dérive vers le spectaculaire et l’artificiel. Oui à l’expérimentation, mais guidée par une véritable utilité scientifique, un bénéfice concret, un respect constant du vivant.

La science est puissante. À nous de la rendre aussi juste.

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