Des travaux publiés dans Science Advances par la Yale School of Medecine se sont intéressés à un rongeur du désert dont l’espérance de vie est plus grande que celle de nos souris sauvages. Quel est leur secret ? Science & Vie résume les résultats des scientifiques.
Dans les foyers comme dans les laboratoires, l’espérance de vie d’une souris excède rarement 2 ans. Pourtant, une de ses cousines, la souris épineuse dorée (Acomys russatus), qui vit notamment en l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie et le Yémen, parvient à vivre 5 ans en captivité. En plus de cela, ce rongeur connaît un vieillissement plus clément : une cicatrisation sans trace (même à un âge avancé), un thymus intact pendant longtemps, permettant la production des lymphocytes, et un maintien des capacités d’apprentissage et de mémoire avec l’âge.
Concrètement, les souris épineuses dorées préserveraient leurs capacités physiques, leur mémoire ainsi que leur immunité, bien après l’âge présumé du déclin (du moins, chez les souris Mus musculus).
D’où leur vient cette vitalité ?
En effectuant des analyses, les chercheurs ont observé une forte production de clusterine par les macrophages (des cellules du système immunitaire) des tissus gras de cette souris.
L’équipe a alors supposé que cette protéine aurait un effet bénéfique pro- « bon vieillissement », en abaissant l’inflammation. En bref, la protéine permet à l’organisme d’éliminer les protéines mal repliées (qui causent notamment de gros dégâts pour les cas des maladie d’Alzheimer et de Parkinson) et limiter leurs effets délétères.
Afin de vérifier cet effet protecteur, les scientifiques ont administré de la clusterine chez des souris de laboratoire Mus musculus âgées. Résultats : réduction du déclin des performances motrices, amélioration de l’état de plusieurs organes et diminution des signes de l’inflammation liée à l’âge.
Ils ont aussi effectué des tests sur des précurseurs de macrophages humains. Ici encore, la clusterine a montré un effet anti-inflammatoire.
Enfin, des études antérieures ont associé la clusterine à la longévité ou au vieillissement en bonne santé chez plusieurs espèces de mammifères. Par ailleurs, les centenaires humains en produisent en grande quantité.
Ces résultats, bien qu’encourageants, ne signifient pas encore que la clusterine deviendra une thérapie efficace et sûre chez l’Humain. D’autres études devront suivre avant de potentiels essais cliniques et avant une mise sur le marché.
Actualité rédigée par Alan Dubois
