Ipsos bva et le Gircor publient la quatrième vague du baromètre sur « les Français et le recours aux animaux à des fins scientifiques ».
Deux ans après la dernière mesure, cette nouvelle enquête dresse un état des lieux de l’opinion des Français sur cette question sensible.
Quelles sont aujourd’hui les positions de nos concitoyens ? Dans quelles conditions acceptent-ils le recours aux animaux ? Quel niveau de connaissance ont-ils de la réglementation et des pratiques en vigueur ? À qui accordent-ils leur confiance pour les informer sur ce sujet ? Comment perçoivent-ils le développement des méthodes alternatives ?
L’enquête explore également un aspect nouveau : le comportement des Français face à des choix concrets de santé, notamment leur attitude vis-à-vis de traitements testés sur animaux lorsqu’ils sont confrontés à la maladie.
Cette étude a été réalisée par internet auprès d’un échantillon représentatif de 1000 personnes âgées de 16 ans et plus, interrogées du 2 au 10 septembre 2025 (Méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, profession, région et catégorie d’agglomération).
Les chiffres clés de l’enquête :
- L’opinion reste partagée mais stable : si 62% des Français se déclarent opposés en principe à l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques (-2 points vs 2023), 70% reconnaissent simultanément sa nécessité dans le domaine de la biologie et de la santé (stable).
- Une acceptation sous conditions largement majoritaire : 73% estiment qu’il faut autoriser cette pratique – soit pour faire avancer la recherche en général (20%), soit spécifiquement pour développer des traitements et médicaments à destination d’humains ou d’animaux (53%). À l’inverse, 27% souhaitent une interdiction totale.
- L’utilisation d’animaux trouve sa plus forte justification pour soigner les maladies animales (76%, +4 points), combattre les maladies animales transmissibles à l’humain (72%, +1 point), ou développer des traitements contre des maladies que l’on ne sait pas soigner encore aujourd’hui (71%, +4 points).
- Un manque d’information persistant : seuls 36% des Français estiment bien connaître les espèces utilisées (-2 points), 23% les méthodes alternatives à l’utilisation des animaux (-4 points) et 24% les conditions de vie en laboratoire (-2 points).
- Le niveau d’information ressenti influence directement l’opinion. Parmi les opposants à l’expérimentation animale, 59% avouent mal connaître le sujet (+6 points), contre seulement 35% chez ceux qui y sont favorables (-2 points).
- 72% des Français font confiance aux chercheurs pour utiliser chaque fois que cela est possible des méthodes alternatives ne faisant pas appel à l’utilisation des animaux (stable vs 2023).
La recherche scientifique reste une forte source d’espoir pour les Français, une perception qui explique pour une part leur rapport à la recherche animale
- La recherche scientifique inspire confiance et suscite de l’espoir chez 86% des Français (+1 point), de l’intérêt pour 76% et de la confiance pour 68% d’entre eux.
- 90% saluent les progrès dans le domaine de la santé (+2 points), 88% dans le traitement des maladies chroniques (+2 points) et 88% en biologie (+3 points).
- Les attentes restent principalement centrées sur la prévention et guérison des maladies humaines : vaincre le cancer (69%) et les maladies neurodégénératives (60%) constituent les principales aspirations, devant les défis environnementaux comme le dérèglement climatique (30%).
Majoritairement opposés au principe de l’utilisation des animaux pour la recherche scientifique, les Français considèrent toujours qu’elle demeure nécessaire
- Par principe, une majorité de Français se déclare défavorable à l’utilisation des animaux pour la recherche scientifique (-2 points vs 2023).
- Toutefois, 70% jugent nécessaire le recours aux animaux à des fins scientifiques et médicales dans le domaine de la biologie et de la santé.
- Et quand il s’agit de recourir aux animaux pour faire avancer la recherche en général ou sur des traitements et médicaments à destination des humains et/ou des animaux, 73% des Français se disent favorables au recours aux animaux.
- La sensibilité animale demeure forte : les Français jugent inacceptable l’élevage pour la fourrure (87%), la corrida (81%), le cirque (75%) ou encore la chasse (70%).
- Une majorité de Français juge acceptable d’utiliser de nombreuses espèces animales à des fins scientifiques ou médicales : comme les insectes (78%), les souris et les rats (74%) ou les poissons et céphalopodes (71%).
- Mais ils trouvent majoritairement inacceptables d’utiliser les espèces les plus proches de l’humain : les grands singes et autres singes (respectivement 56% et 52%) ou les chats (54%) et les chiens (55%).
- Même si plus de 2 Français sur 3 (69%) estiment ne pas avoir suffisamment d’informations sur les pratiques liées aux animaux dans les laboratoires.
- Une proportion importante d’entre eux ne considère pas que la réglementation est suffisamment stricte (43%), que les laboratoires sont suffisamment contrôlés (47%) et que les animaux sont bien traités dans les laboratoires (47%).
De leur propre aveu, les Français savent assez peu de choses sur les modalités du recours aux animaux par la recherche scientifique et c’est aux vétérinaires qu’ils font majoritairement confiance pour les en informer.
- Les Français s’avouent mal informés sur l’utilisation des animaux à des fins scientifiques, que ce soit les espèces qui sont le plus souvent utilisées (seulement 36% se disent bien informés, -2 points par rapport à 2023), les méthodes alternatives à l’expérimentation animale (23%), les conditions de vie en laboratoire (24%) ou encore la réglementation qui encadre le recours aux animaux pour la science (23%).
- Les idées fausses ont la vie dure : une majorité des Français ne sait pas qu’il existe des alternatives pour remplacer les animaux dans la recherche (60%), qu’il est interdit d’utiliser les grands singes (56%) ou encore que les souris et les poissons sont les animaux les plus utilisés en recherche (90%).
- Ce sont les vétérinaires (69%) à qui les Français font majoritairement confiance pour les informer de façon neutre et objective sur le recours aux animaux à des fins scientifiques.
Les Français ont majoritairement confiance dans les chercheurs pour utiliser des méthodes alternatives mais sont plus méfiants quand il s’agit de veiller au bien-être des animaux
- 72% des Français font confiance aux chercheurs pour utiliser des méthodes alternatives à l’expérimentation animale chaque fois que cela est possible (+2 points par rapport à 2023).
- Les Français estiment que les animaux sont utilisés par les scientifiques principalement parce qu’ils sont irremplaçables pour certaines études (63%) et qu’il n’y a pas assez de méthodes alternatives (61%).
- Les Français font majoritairement confiance aux scientifiques qui utilisent des animaux pour leurs recherches pour respecter la réglementation et les règles éthiques (57%, stable par rapport à 2023). Ils sont plus partagés quant à la confiance qu’ils ont en eux pour veiller au bien-être des animaux (51%, stable) et limiter autant que possible le nombre d’expériences sur les animaux (51%, -3 points).
Face à la maladie, la plupart des Français accordent leurs actes avec leurs principes.
- Élément nouveau de cette vague : face à une maladie grave, 72% des Français ne renonceraient pas à un traitement qui aurait été testé sur des animaux. Seule 1 personne sur 4 déclare qu’elle ne l’accepterait pas.
- Néanmoins, 58% des parents accepteraient de donner un médicament à leurs enfants s’il n’était testé que par des méthodes alternatives (simulation informatique, cultures cellulaires) et non pas par des tests sur des animaux.
