Le prix Desmaret a été remis au chercheur INRAE bordelais Jean-Christophe Delpech pour ses travaux sur le vieillissement cérébral, ayant notamment eu recours à des rats.
Le vieillissement est associé à des troubles cognitifs. Aujourd’hui, 57 millions de personnes sont touchées par la démence dans le monde, et le vieillissement de la population pourrait encore aggraver cette tendance.
Dans ses recherches, le neuroscientifique s’est intéressé aux vésicules extracellulaires : de minuscules « bulles » entourées de lipides, libérées par les cellules et capables d’emporter des molécules comme des protéines, des fragments d’ADN ou de l’ARN. Elles circulent ensuite dans nos fluides corporels, notamment le sang, et pourraient refléter l’état du cerveau.
L’objectif est d’analyser le contenu de ces vésicules pour identifier des marqueurs d’un vieillissement cérébral « résilient » et, à terme, développer un test sanguin de dépistage permettant de repérer les personnes les plus à risque d’un déclin cognitif.
Les rats occupent une place centrale dans ces travaux. Le chercheur et sont équipe ont comparé des vésicules issues de rats âgés ayant conservé de bonnes capacités de mémoire à celles de rats âgés présentant des troubles mnésiques. À partir de ces deux profils, ils ont étudié in vitro l’effet de ces vésicules sur des neurones : certaines pourraient avoir un effet protecteur, d’autres au contraire fragiliser les cellules.
Enfin, la piste thérapeutique explorée repose aussi sur ces modèles animaux : tester si des injections de vésicules provenant de rats « résilients » peuvent améliorer les performances mémoire de rats plus vulnérables.
Ces travaux lui ont valu le prix Desmarest.
Actualité rédigée par Alan Dubois
