Une nouvelle piste pour soigner les enfants d’un cancer du foie ?

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Des scientifiques de l’Inserm et de l’Université de Bordeaux ont peut-être trouvé une nouvelle manière de traiter une forme sévère du cancer hépatique pédiatrique, notamment grâce à des essais sur des rongeurs.

La médecine permet aujourd’hui de soigner 80% des cas d’hépatoblastome, le cancer du foie le plus courant chez l’enfant. Pour les cas les plus graves, les options thérapeutiques restent limitées.

Une thérapie à deux acteurs

À Bordeaux, une équipe s’attèle à trouver une solution, en optant sur un traitement ciblant deux actifs.

Le premier, est un inhibiteur (comprenez un frein) d’une protéine qui modifie l’ADN des cellules hépatiques, empêchant les gènes suppresseurs de tumeurs de fonctionner proprement. L’expression de cette protéine était particulièrement importante quand les chercheurs ont analysé des échantillons de hépatoblastomes agressifs.

Le deuxième acteur sont des statines, des molécules couramment utilisées pour les problèmes liés au cholestérol, qui agissent comme « ralentisseurs » de la croissance cellulaire (y compris celles qui nous intéressent : les cellules tumorales). Les statines permettent ainsi de renforcer les effets de la chimiothérapies.

Une fois ce cocktail imaginé, les scientifiques l’ont administré chez des souris ayant ce cancer. Résultat : l’inhibiteur couplé aux statines permet de détruire efficacement les cellules cancéreuses et bloquer la croissance des tumeurs chez les rongeurs. Des tests réalisés in vitro sur des cellules tumorales d’os et de poumon ont aussi montrés des résultats positifs.

L’inhibiteur a déjà fait ses preuves pour d’autres utilisations

Le traitement semble vraiment prometteur. Et pour cause, un premier médicament de cette famille a déjà été approuvé en 2020 aux États-Unis contre une autre tumeur rare et agressive. De quoi rassurer sur le potentiel de cette approche, même si elle reste encore à tester dans ce contexte précis.

Mais attention, pas question de crier victoire trop vite. Pour l’instant, ces résultats concernent surtout des tests réalisés chez la souris et en laboratoire. Avant d’imaginer ce traitement chez de jeunes patients, il faudra encore vérifier deux points essentiels : son efficacité chez l’humain, mais aussi sa sécurité.

Les chercheurs restent donc prudents, mais optimistes. Si les prochains travaux confirment ces résultats, cette combinaison entre inhibiteur et statines pourrait ouvrir une nouvelle piste thérapeutique pour les enfants atteints des formes les plus agressives d’hépatoblastome.

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