Enquête IPSOS / GIRCOR – Les Français et le recours aux animaux à des fins scientifiques

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Ipsos publie les résultats d’une enquête réalisée pour comprendre comment les Français perçoivent l’utilisation des animaux à des fins scientifiques. Y-sont-ils aujourd’hui favorables ou opposés ? Comment ont-ils évolué sur ce sujet depuis ces dernières années ? Considèrent-ils que ces expérimentations sont nécessaires ou pas ? A quelles conditions sont-elles acceptables pour eux ? Quelle opinion ont-ils à l’égard des méthodes alternatives à l’expérimentation animale ? Font-ils confiance aux chercheurs pour les mettre en place chaque fois que cela est possible mais aussi pour respecter la réglementation ou encore leur éviter la douleur et la peur ?

Autant de questions auxquelles l’enquête a souhaité apporter des éléments de réponse en interrogeant par internet un échantillon de 1000 personnes représentatives de la population française âgée de 16 ans et plus, du 29 septembre au 1er octobre 2021 (Méthode des quotas : sexe, âge, profession de la personne interrogée, région et catégorie d’agglomération).

Les chiffres-clés de l’enquête 

  • 74% des Français considèrent que le recours aux animaux est nécessaire pour la recherche médicale. C’est notamment le cas lorsqu’il permet de développer de nouveaux médicaments et vaccins pour les animaux (76%, -1 pt depuis 2015) mais aussi lorsqu’il n’y a pas d’autres solutions pour faire avancer la recherche médicale (70%, -7 pts depuis 2015) ou encore quand les expériences sur les animaux sont effectuées dans le strict respect de la règlementation française et européenne (67%, -5 pts).
  • Si on ne précise pas de finalité médicale, 62% des Français sont aujourd’hui opposés au principe de l’utilisation des animaux pour la recherche scientifique (contre 38% qui y sont favorables). Ils y sont majoritairement opposés lorsque le recours aux animaux est utilisé pour mieux comprendre le corps humain (54%) ou pour former les professionnels de santé aux gestes et techniques (60%).
  • Les Français sont très peu nombreux à connaître les espèces (31%), le nombre (19%) et les conditions de vie des animaux en laboratoire (24%).
  • 71% des Français font confiance aux chercheurs pour utiliser chaque fois que cela est possible des méthodes alternatives qui ne font pas appel à l’utilisation des animaux.
  • Leur confiance dans les scientifiques pour respecter la réglementation et les règles éthiques est majoritaire et progresse (57%, +7 pts depuis 2015). Ils ont aussi confiance en eux pour limiter les expériences sur les animaux quand cela est possible (53%, +10 pts).
  • Ils sont cependant très partagés sur leur capacité à veiller le plus possible au bien-être des animaux (50% n’ont pas confiance) ou encore pour éviter le plus possible la douleur et la peur chez l’animal (52%).

Même si les Français sont majoritairement opposés à l’utilisation des animaux pour la recherche en général, ils admettent sa nécessité dans le domaine de la santé.

  • Sur le principe, les Français sont opposés à l’utilisation des animaux par la recherche scientifique (62% contre 38% favorables).
  • Les Français sont d’ailleurs très sensibles à la cause animale. Ils considèrent inacceptable qu’on élève des animaux pour leur fourrure (90% disent que ce n’est pas acceptable), pour la corrida (81%), la chasse (72%) ou encore le cirque (71%).
  • Mais les Français considèrent dans leur très grande majorité que le recours aux animaux est nécessaire lorsqu’il s’agit de la recherche médicale (74%).
  • Toutefois, près d’1 Français sur 4 estime qu’il faut l’interdire totalement et que rien ne saurait justifier le recours au animaux dans la recherche (25%).

Pour la grande majorité des Français, le recours aux animaux est justifié à partir du moment où il s’agit de trouver de nouveaux traitements : un assentiment qui a diminué depuis 2015.  

  • Les Français soutiennent tout particulièrement le recours aux animaux pour la recherche médicale lorsque c’est au bénéfice des animaux, plus spécifiquement si c’est pour mieux soigner les maladies animales (76%), développer de nouveaux médicaments et vaccins pour les animaux (76%) ou lutter contre les maladies transmissibles à l’homme (73%).
  • La grande majorité des Français considère aussi que ce recours est justifié lorsqu’il n’y a pas d’autres solutions pour faire avancer la recherche médicale (70%, -7 pts par rapport à 2015), lorsqu’il s’agit de trouver de nouveaux traitements contre des maladies que l’on ne sait pas soigner aujourd’hui (69%, -6 pts par rapport à 2015), si les expériences sur les animaux sont effectuées dans le strict respect de la règlementation française et européenne (67%, -5 pts) ou encore s’il s’agit de tester l’efficacité et la tolérance de nouveaux vaccins pour l’homme (60%, -5 pts).
  • Ils sont en revanche plus réservés lorsqu’il s’agit de recourir à des animaux pour tester l’innocuité de produits chimiques et phytosanitaires pour l’environnement et la santé (54% favorables). L’assentiment devient même carrément minoritaire lorsque le recours aux animaux est destiné à mieux comprendre le corps humain (46%, -3pts par rapport à 2015) ou à former des professionnels de santé aux gestes et techniques (seulement 40% y sont favorables).

Leur soutien au recours à des animaux à des fins scientifiques s’explique en partie par les espoirs que suscite la recherche médicale, même s’ils régressent un peu. 

  • Lorsqu’ils pensent à la recherche scientifique, les Français ressentent d’abord de l’espoir (86% contre 87% en 2015) mais aussi de l’intérêt (75% contre 79% en 2015)) et de la confiance (67%). Dans une moindre mesure, la recherche suscite aussi de l’inquiétude (29%), de la défiance (16%) ou même de la peur (15%). 
  • La grande majorité des interviewés considère que la recherche a permis des progrès importants dans le domaine médical, même si leur adhésion est moins forte qu’auparavant. Ils estiment que c’est le cas dans le domaine médical (89%, -6 pts depuis 2015), de la biologie (87%, -5 pts) et dans celui des maladies chroniques (82%, -9 pts).
  • D’ailleurs, parmi les 5 espoirs que suscitent le plus la recherche scientifique, 3 d’entre eux appartiennent à la sphère de la santé : guérir le cancer (cité en 1er par 62% des Français), guérir les maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson (cité en 2ème par 49% des interviewés) et guérir les maladies infectieuses émergentes comme la Covid-19 (cité en 4ème par 29%). Ces espoirs arrivent loin devant le fait de résoudre les problèmes de famine et d’accès à l’eau dans le monde (27%), trouver une forme d’énergie propre (25%) ou préserver la biodiversité (15%).

Les Français ont confiance dans les chercheurs pour utiliser le plus possible les méthodes alternatives à la recherche animale. 

  • 71% des Français font confiance aux chercheurs pour utiliser chaque fois que cela est possible des méthodes alternatives qui ne font pas appel à l’utilisation des animaux.
  • 55% considèrent que les méthodes alternatives permettent de diminuer le recours aux animaux sans les remplacer totalement.
  • Près de 6 Français sur 10 font majoritairement confiance aux scientifiques pour respecter la réglementation et les règles éthiques en matière de recours à des animaux à des fins scientifiques (57%) et un peu plus d’1 sur 2 pour limiter autant que possible le nombre d’expériences sur les animaux (53%). Ils sont en revanche plus partagés en ce qui concerne la confiance qu’ils leur accordent pour veiller le plus possible au bien-être des animaux en captivité (50%).
  • Et ils sont plutôt méfiants en ce qui concerne leur capacité à éviter le plus possible la douleur et la peur chez l’animal (52% n’ont pas confiance,) et informer sur les apports de la recherche animale (58% de méfiants).

Les Français sont assez mal informés sur les structures encadrant l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques et sur la réglementation existante. 

  • Seul 1 Français sur 10 dit connaître précisément les comités d’éthiques en expérimentation animale et des structures de bien-être animal (11%),
  • Ils sont encore moins nombreux à déclarer savoir ce qu’est la charte de transparence (9%), la Commission nationale pour la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (9%) ou encore le centre national de référence sur le bien-être animal (8%).
  • Seuls 5% des Français disent connaître la règle des 3R (réduire, raffiner, remplacer) et 8% les méthodes alternatives à l’expérimentation animale.
  • Enfin, ils sont très peu à connaître les espèces (31%), le nombre (19%) et les conditions de vie des animaux en laboratoire (24%).

Le point de vue du GIRCOR

Le bien-être animal est au cœur des préoccupations des Français. Ils s’interrogent sur les conditions d’utilisation et le cadre légal entourant l’utilisation des animaux à des fins scientifiques même s’ils peuvent considérer que c’est un mal nécessaire pour faire avancer la recherche scientifique. C’est toutefois un sujet mal connu et parfois simplifié par manque d’information. Les chercheurs sont aujourd’hui conscients de la nécessité des efforts à faire pour informer le grand public. En signant la Charte de transparence sur le recours aux animaux à des fins scientifiques et réglementaires, les acteurs majeurs de la recherche en France, privés et publics, se sont engagés à mieux communiquer sur leur utilisation des animaux. Le GIRCOR espère que cela contribuera à lever les doutes des Français sur ce sujet délicat.

Le GIRCOR est une association sans but lucratif qui rassemble en France les établissements de recherche biomédicale publics et privés ainsi que les entreprises du médicament. La mission du GIRCOR est d’informer sur l’utilisation des animaux à des fins scientifiques afin que le public puisse bâtir son opinion sur ce sujet en connaissance de cause.

Contact presse : Ivan Balansard, Président du GIRCOR, secretariat(at)gircor.net

Communiqué à télécharger

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