Les statistiques pour lâannĂ©e 2024 concernant lâutilisation des animaux Ă des fins scientifiques en France publiĂ©es par le MinistĂšre en charge de la recherche rĂ©vĂšlent des tendances marquantes et des Ă©volutions notables. Avant d’exposer les principaux points Ă retenir de ces donnĂ©es, rappelons que c’est le nombre d’utilisations qui est comptabilisĂ© et non le nombre le d’animaux utilisĂ©s.Â
Les animaux utilisés
Avec 72,4% des utilisations, la souris reste le principal modÚle de recherche animale en France. Le groupe des rongeurs comptabilise à lui seul plus de quatre cinquiÚmes des utilisations (80,04%).
Le lapin est la deuxiÚme espÚce la plus utilisée (7,87%).
Le groupe des poissons représente 7,19% des utilisations (2,04% pour les poissons zÚbres et 5,15% pour les autres espÚces de poissons).
Ăvolution globale de l'utilisation des animaux
En considĂ©rant les chiffres de façon globale, le nombre d’utilisations est passĂ© de 2 046 754 en 2023 Ă 2 041 157 en 2024, soit une baisse de 0,3% sur un an.Â
Mais quand on y regarde de plus prĂšs, il faut considĂ©rer que les statistiques incluent depuis 2022 une nouvelle catĂ©gorie d’animaux les animaux d’Ă©levage qui ne sont pas inclus dans une procĂ©dure expĂ©rimentale mais gĂ©notypĂ©s de maniĂšre invasive. La base de calcul utilisĂ©e Ă partir de 2022 nâest plus comparable Ă celle des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Il devient ainsi difficile de se prononcer sur lâĂ©volution globale de lâutilisation des animaux en recherche Ă partir des seuls chiffres bruts.Â
Ceux-ci sont mĂ©caniquement gonflĂ©s par ce changement de pĂ©rimĂštre statistique et masquent les efforts constants des chercheurs qui sâengagent Ă rĂ©duire le nombre dâanimaux utilisĂ©s pour leurs recherches. Il faut aussi souligner que le recensement de ce nombre dâanimaux sâaffine depuis son instauration et que la hausse observĂ©e depuis 2022 ne traduit pas forcĂ©ment une augmentation du nombre dâanimaux concernĂ©s mais surtout une meilleure comptabilisation.
Selon les derniĂšres statistiques publiĂ©es, le nombre total dâutilisations dâanimaux en 2024 Ă©tait de 2 041 157, soit une baisse toute relative des chiffres de 0,3% depuis 2023). Mais si lâon regarde ces chiffres dans le dĂ©tail en se focalisant uniquement sur le nombre dâutilisations dans des protocoles expĂ©rimentaux stricto sensu, la baisse est constante depuis 2021 et est de 8,3% depuis 2023.Â
Finalité des utilisations d'animaux
La principale utilisation des animaux Ă des fins scientifiques (29,5%) concerne la recherche fondamentale qui consiste Ă comprendre comment fonctionne le vivant. Au sein de cette catĂ©gorie, l’Ă©tude du systĂšme nerveux central concerne un quart des utilisations suivi par l’Ă©tude du systĂšme immunitaire et la recherche en cancĂ©rologie.
La recherche appliquĂ©e (ou translationnelle), qui va permettre de mettre au point des traitements, concerne 16,9% des utilisations. Ces applications se concentrent Ă 31,7% autour du cancer et Ă 14,5% pour les pathologies infectieuses. Notons que les applications concernant les animaux (c’est-Ă -dire leurs maladies, leur bien-ĂȘtre et leur nutrition) comptent pour 19,7% des utilisations de la recherche appliquĂ©e.
Les Ă©tudes toxicologiques et rĂ©glementaires qui vont permettre de s’assurer de l’innocuitĂ© des traitements mis au point dans les phases prĂ©cĂ©dentes concernent 19,3% des utilisations.
La catĂ©gorie « Maintien des colonies gĂ©nĂ©tiquement altĂ©rĂ©es » qui comptabilise dorĂ©navant de nouveaux animaux (comme expliquĂ© plus haut) reprĂ©sente quant Ă elle 29,4% des utilisations d’animaux en recherche (contre 11% en 2022 et 24% en 2023).
Des procédures plus légÚres
Réutilisation des animaux
RĂ©duire le nombre d’animaux utilisĂ©s en recherche passe aussi par la rĂ©utilisation d’animaux dans plusieurs procĂ©dures expĂ©rimentales selon des rĂšgles dĂ©finies par l’article 16 de la directive 2010/63/UE (les animaux concernĂ©s sont ceux ayant subi des procĂ©dures lĂ©gĂšres ou modĂ©rĂ©es, la rĂ©utilisation ne peut se faire sans avis vĂ©tĂ©rinaire). Le nombre global de rĂ©utilisations reste trĂšs faible puisqu’il Ă©tait de 0,8% en 2024. Toutefois, il faut noter une forte disparitĂ© selon les espĂšces puisque le taux de rĂ©utilisation des chevaux et apparentĂ©s est de 76,6%, des chats de 70,4%, des chiens de 42,1% et des macaques Ă longue queue de 41%.
Les interdictions
- Depuis 2009, les tests sur les cosmétiques impliquant des animaux sont interdits.
- Depuis 2010, lâutilisation des grands singes (chimpanzĂ©s, gorilles, orangs-outans) dans la recherche est interdite.
Source : MinistĂšre en charge de la recherche
